Mon cinéma à roulettes : Atelier Films de Paysages à Loudéac

Une première pour Mon cinéma à roulettes cet été 2020 !
Grâce au dispositif « L’été culturel en Bretagne » proposé par la DRAC Bretagne et à la ville de Loudéac, l’UFFEJ a pu expérimenter son nouveau dispositif d’ateliers itinérants.

Nous avons convié le cinéaste rennais Simon Guiochet pour trois jours d’ateliers en plein air, afin de proposer aux enfants restés à Loudéac, des ateliers de pratique dans un cadre idyllique, le parc Aquarev de Loudéac.
Après la découverte de différents jeux optiques pour comprendre les bases du mouvement au cinéma, les enfants sont partis en balade à travers le parc pour récolter des végétaux.
Le but : fabriquer des encres végétales et choisir des éléments à coller pour faire un film de paysage à l’ancienne, en intervenant sur une pellicule argentique.

Courir après les pétales

« 24 images par seconde », cela reste un concept très abstrait tant que l’on n’a pas expérimenté le fait de devoir coller 24 fois le même pétale sur une pellicule pour ne l’apercevoir ensuite qu’une seule seconde … tant de concentration de patience sont nécessaires pour arriver à un si court résultat !

Heureusement l’atelier se déroulait en plein air, permettant aux enfants d’évoluer à leur guise, de puiser tous les matériaux autour d’eux et partir à la recherche de pétales et feuilles selon les couleurs et les épaisseurs voulues.

Fabriquer un film

Si l’on déplore souvent que les enfants d’aujourd’hui sont trop rivés aux écrans de manière parfois passive, l’atelier « Films de paysages » donnait au contraire tout son sens à l’expression « fabriquer un film ». Il fallait toucher les végétaux, choisir ceux qui ne seraient pas trop épais une fois collés sur la pellicule, expérimenter différentes couleurs en broyant des pétales. Et si la pellicule était finalement trop épaisse pour passer dans le projecteur, alors il fallait prendre le marteau pour l’aplatir !

Pour le son, les enfants puisaient également autour d’eux et testaient les sonorités des différents matériaux, afin de bruiter en direct.

Un film, c’est du temps

Après avoir méticuleusement collé, peint, sur plusieurs mètres de pellicule, les enfants ont pu expérimenter la notion d’art éphémère. Un moucheron égaré est venu se coller sur un des photogrammes et s’en est retrouvé démesurément agrandi une fois le film projeté. Et la matière du film elle même se transformait au fur et à mesure que le film passait dans le projecteur : ici une rayure, là une coulure due à la chaleur de la lampe…

L’atelier était ainsi un peu à l’image des œuvres personnelles de Simon Guiochet, qui explore entre autres performances et principes de boucles. Il a oscillé entre un temps long où chaque image doit être peinte, grattée, collée, et un temps court, presque instantané, celui de l’intervention directe pour le son, et lors de la projection.

Il sera fort heureusement bientôt possible d’en visionner le résultat !

L’atelier est paru dans la presse:

A propos de Simon Guiochet:

Simon Guiochet explore les médiums de l’image en mouvement : vidéo numérique, gifs, pellicule, sculpture afin d’en redessiner les contours. 

Ses recherches actuelles se concentrent sur la notion de boucle en utilisant les médiums du gif et de la pellicule argentique dans des propositions de performances ou d’installations. En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *