Eskemm Films : du cinéma pour les oreilles – été 2025

Du cinéma pour les oreilles, immersion dans la fiction sonore

Un projet mené par Claire Messager et Solenn Barbosa Dias du collectif ESKEMM FILMS

Rennes, le 17 juillet 2025, Saint-Jacques de la Lande

Je rencontre Claire Messager et Solenn Barbosa Dias dans un des foyers gérés par l’ARASS à Rennes, dans le quartier du Blosne. Le lieu est loin des images que j’aurais pu me faire d’un foyer. A vrai dire je pénètre dans un salon cuisine lumineux et calme, d’autant plus que les vacances et la chaleur invitent à la lenteur. Pour ne pas déranger les résidents et résidentes, nous poursuivons un travers un jardinet jusqu’au cabanon qui sert de salles d’activités.

On se présente… Après des études d’anthropologie Solenn, originaire de Brest, s’est tournée vers le cinéma documentaire, avec un passage par les ateliers Varan. Elle est maintenant réalisatrice en documentaire et fiction, scénariste et médiatrice. Elle « s’’intéresse aux récits de vie et à la manière de prendre soin dans notre société. » Engagée au sein du collectif Eskemm, elle défend l’idée que des métiers techniques puissent être portés par des femmes, dans un milieu plutôt masculin. Le collectif apporte une forme de soutien face à un métier difficile, qui pourrait pousser à la solitude.

Claire Messager, originaire pour sa part de Lamballe, est documentariste sonore. Passée par l’Ecole Créadoc d’Angoulême, elle a travaillé un certain temps dans les projets de solidarité internationale avant de se consacrer à la création sonore et l’éducation aux médias.

Claire et Solenn ont proposé ce projet, soutenu par Passeurs d’images et Rennes Métropole, au sein du réseau de foyers portés par l’Arass, dans un contexte financier compliqué pour tout le secteur de l’Aide à l’Enfance.

Très vite, Claire et Solenn se sont rendu compte que les temps d’ingénierie du projet, les temporalités des demandes de subventions, les temps de prospective en amont allaient être en décalage avec la réalité des jeunes, au gré des arrivées et des départs des un*es et des autres dans ces lieux de vie temporaires. Il a donc fallu repenser le projet, s’adapter, vivre à un rythme différent. L’atelier devait se dérouler au départ sur trois jours complets auprès de 5. L’atelier est devenu une forme de résidence en lieu de vie, avec des temps de présence par petites touches, plus continus, présence nécessaire pour gagner la confiance et l’envie des jeunes.

Des jeunes en question, je ne verrai que des traces, des papiers qui témoignent des jeux d’écriture menés par Claire et Solenn pour alimenter les créations sonores. Et puis leurs voix. Louane, Anne-Lise, Stan, Alpha, Louca, Jade-Michelle ont enregistré une visite du foyer et c’est avec nos oreilles que nous découvrons, quelques semaines plus tard, les différents espaces de vie des résidents et éducateur*ices, leurs rires, leurs activités, les petites habitudes. Jade-Michelle s’est prise au jeu et a écrit dans le secret de sa chambre sa première fiction sonore, « Grand-mère allumette ».

Sur le mur du fond du cabanon, derrière une table de ping-pong, on peut lire « Être heureux, c’est comme le reste. Faut d’abord apprendre à l’être «. Orelsan nous fixe d’un air pénétrant, et j’espère que ces jeunes, qui se sont pris au jeu du « cinéma pour les oreilles », sont un peu sur la bonne voie.

Pour écouter les créations des jeunes :


Fiction sonore Grand-mère allumette:

Jeu sonore et visite du foyer :

Qu’est ce que l’ARASS ?

‘Association pour la Réalisation d’Actions Sociales Spécialisées

• Elle œuvre depuis plus de 40  ans dans trois grands domaines :. la protection de l’enfance (avec un mandat Aide Sociale à l’Enfance et Protection Judiciaire de la Jeunesse) ; 2. l’accompagnement des enfants et adolescents en situation de handicap ; 3. l’aide aux plus démunis, à travers des actions de précarité insertion et des dispositifs de soutien . • • Implantée dans les Côtes d’Armor, l’Ille et Vilaine et le Morbihan, elle regroupe environ 500 professionnels (éducateurs spécialisés, psychologues, etc.) et accompagne plus de 2 300 jeunes et jeunes majeurs.

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