Focus 2017#1: Monter des projets d’éducation à l’image : les problématiques de terrain

Focus : des articles qui parlent des projets d’action culturelle mis en place dans le cadre de Passeurs d’Images

Au sujet des partenariats de terrain et de l’articulation des projets avec les structures de quartier.
Y-a-t-il une fracture entre le monde de l’animation et celui des associations culturelles? Les structures qui font le dispositif Passeurs d’Images en 2017, réparties sur tout le territoire breton, échangent et creusent la question….

Une dizaine de représentant(e)s de structures culturelles et socio-culturelles bretonnes sont réunies ce 1er juillet à Mellionnec. L’UFFEJ, coordination régionale du dispositif Passeurs d’Images, organise un regroupement des porteurs de projets. Il s’agit de créer les possibilités d’échange entre les structures, de présenter une technique particulière d’atelier, ou d’aborder une problématique précise. En l’occurrence, nous avons souhaité orienter les présentations de cette matinée sur la question des partenariats de terrain et de l’articulation des projets avec les structures de quartier.

Côté pile : le constat de partenariats difficiles

Culture versus animation ?

Plusieurs structures présentent évoquent leurs difficultés à travailler avec les structures jeunesse. Ces dernières ne parviennent pas à toucher les jeunes de plus de quinze ans et peuvent être parfois dans une posture méfiante vis à vis de projets qui leur semblent imposés, clef en main ; elles ont le sentiment d’être instrumentalisées.
De leur côté, les structures culturelles ont le sentiment de devenir un peu des agents commerciaux de projets culturels, qui se retrouvent en concurrence avec d’autres activités. Quelqu’un évoque le sentiment d’une véritable fracture entre le monde de l’animation et celui des associations culturelles, parfois creusée par un contexte politique local.

Le risque de l’éloignement

Un participant évoque le faisceau d’injonctions multiples imposé par les élus, les directeurs, les dispositifs, qui rendent difficile la prise en compte du public que l’on souhaite toucher : « On parle beaucoup de l’émancipation des publics mais finalement ce sont aussi les professionnels qui auraient besoin de s’émanciper eux-mêmes de ces contraintes ». Quelqu’un ajoute que le recul des politiques en faveur de l’éducation populaire ne favorise pas la réflexion, la mise en réseau ou la formation des acteurs.

Questions de temporalités ?

On souligne également la difficulté d’asseoir des actions dans la durée. Il y a d’une part un turn over important dans certaines structures de quartier. D’autre part, jeunes et structures culturelles ne sont pas toujours dans les mêmes temporalités : il peut arriver que, le temps de monter un projet, le groupe se soit déjà volatilisé…

Le regard des autres

Les jeunes de plus de 15 ans semblent particulièrement difficiles à toucher dans certains quartiers, malgré de nombreuses actions de proximité et d’informations en direct pour les inviter à participer. Certains jeunes auraient envie de participer mais le regard des autres et la pression du groupe sont malheureusement souvent plus fortes.

Côté face : des territoires pleins d’énergies

Changer les regards

A Saint-Brieuc, le Spot, animé par l’association Le Cercle, est un lieu d’accueil des jeunes de 16 à 25 ans. C’est un lieu d’accompagnement des parcours personnalisés qui propose notamment une coopérative de services de jeunes. Cette coopérative s’est avéré un moyen efficace d’intéresser également les jeunes à des projets culturels. Tant la coopérative de services que les projets culturels contribuent à véhiculer une image positive des jeunes et à leur offrir une place dans la société.

Créer des accroches


L’association J’ai vu un documentaire à Lorient a accueilli un atelier Pris sur le Vif, proposé en 2016 par l’Uffej dans le cadre de « La République des Images » (1)
Ce format vidéo basé sur des interview très courtes autour de sujets précis (en 2016, la question des valeurs de la République et notamment de la citoyenneté) a été plébiscité par les habitants et a véritablement lancé une dynamique au niveau local . Les vidéos ont été utilisées à de maintes reprises par les animateurs des maisons de quartier comme outil pour enclencher le débat avec les jeunes. Ce format pourrait donc être réutilisé à l’avenir pour démarrer des ateliers dans les différents quartiers et susciter plus facilement la demande.

Co-construire

Marine Cam de l’association Côte Ouest à Brest s’attache à construire très en amont avec les structures de quartier pour bien prendre en compte les contraintes liées aux rythmes et aux disponibilités. L’association Comptoir du Doc, avec son projet « Des histoires », interroge depuis plusieurs années la notion du « faire avec » au sein du quartier de Maurepas à Rennes. « Une expérience intense, nous révélant les possibles d’une action culturelle à la fois artistiquement et proche des gens. Cette proximité, nous l’avons compris au fur et à mesure des éditions, ne se limite pas à aller sur site, mais bien à prendre le temps nécessaire de la rencontre, celui de l’écoute pour pouvoir construire ensemble un projet dans lequel chacun peut prendre place. »

La République des images

La démarche « La République des Images » a été initiée en 2016 par les coordinations régionales Passeurs d’Images au niveau national. Soutenue par le CGET (Commissariat Général à l’égalité des Territoires), elle entend favoriser et qualifier l’expression des populations sur les questions de citoyenneté et sur les valeurs de la République.
La République des images comporte plusieurs volets, dont un volet pratique : « A notre images . Ses objectifs sont les suivants :
– Produire des contenus filmiques avec les acteurs de terrain, en partant des réalités des territoires.
– Valoriser le « faire ensemble » en s’engageant dans une démarche citoyenne active et accompagnée.
– Acquérir les techniques d’expression et de production susceptibles de favoriser une participation sereine aux débats citoyens.
– Favoriser l’initiative directe et l’implication personnelle ; être acteur et non consommateur, produire plutôt que reproduire, accéder à la connaissance par la pratique.
Cette démarche a donné lieu à un panorama national d’expressions citoyennes,. Le film tourné à Lorient est visible ici : http://uffejbretagne.net/passeurs-dimages/films-dateliers-passeurs-dimages/#pris sur le vif

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